Quel a été le parti-pris de votre mise en scène ?
J’y fais référence à ma culture et à mes quarante ans donc aux films que j’ai vus et que j’ai aimés. J’avais envie de reprendre les mêmes codes, ceux qui me procuraient du plaisir. Quelque part, LE BALTRINGUE était aussi plein de signes. Dans le scénario, le personnage féminin s’appelle Lola, comme ma fille, la production était à deux rues de chez moi... Je suis sensible à tout cela.
Et puis c’est vrai que j’aime plonger les acteurs dans un univers un peu décalé. Je suis très fan du travail de Judd Apatow (EN CLOQUE, 40 ANS TOUJOURS PUCEAU) et j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose à faire, une sorte de battement et de pulsions qui pouvaient faire référence à tous ces films. Ca me plaisait aussi de travailler sur un projet sur lequel on ne m’attendait pas. Une comédie avec le roi du direct. Un challenge. J’ai voulu en sortir quelque chose d’original.
Comment dirige-t-on Vincent Lagaf ?
La première fois que l’on s’est rencontré, c’était assez drôle parce que je m’imaginais un personnage et en le voyant avec ses tatouages, je me suis dit : «Tiens, il n’est pas ce que j’ai en tête !» On a discuté. Il a beaucoup aimé la version que j’avais réécrite. Je lui ai demandé s’il était possible de travailler dans un esprit où l’on pouvait se charrier un peu parce que je lui avoué que moi dans la vie, je n’aime pas les baltringues. Lui non plus. On se provoquait avec plaisir. Je pense qu’il avait envie d’être un peu bousculé et de mon côté ça m’intéressait de bousculer quelqu’un comme lui.
Qu’avez-vous voulu mettre dans le duo Sam et Monsieur Guy ?
Pour ce duo, j’ai pensé à tous ces gens que je respecte énormément : Depardieu, Clavier, Pierre Richard, Nick Nolte, Eddie Murphy... Quand j’ai découvert Philippe Cura, il m’a tout de suite fait penser à Michel Constantin. Je ne connaissais pas bien Caméra Café dans lequel il s’est fait connaître. Mais il y avait chez lui cet aspect grand dadais, pas à l’aise dans ses fringues. Le mettre en confrontation avec Vincent et son profil à la Joe Pesci, Joe Dalton, ça me plaisait. Dans la vie, Philippe est très introverti et Vincent est l’inverse. Je me suis servi de cette corde-là pour tirer un maximum de situations comiques. Les opposés qui s’attirent.
J’aimerais qu’on parle du casting, il y a de «sacrées gueules» ?
C’est là où j’ai pris mon pied. Je ne sais plus qui a dit cette phrase mais j’aime l’idée : «Un comédien, on le dirige pas, on le choisit.» J’ai pris des gens proches des personnages, des débutants pour la plupart. On a beaucoup parlé de nos références communes. Avec ce film, c’était pour eux un peu la chance de leur vie. Évidemment, j’adore les acteurs qu’on connaît tous.
Parlez-nous du tournage ?
Le film s’est fait dans l’urgence mais avec la bonne humeur. L’occasion était de faire quelque chose de joyeux qui donne le sourire aux lèvres. Quand on tournait à Rouen, c’était pendant la coupe d’Europe et pourtant les gens venaient nous voir. Il y avait quelque chose de magique pour eux et pour nous car on faisait du cinéma. Et aujourd’hui, ça fait encore rêver.








